Faux emails de l’AMF : une nouvelle campagne de fraude cible les professionnels de la finance

Une nouvelle tentative d’escroquerie exploite l’identité de l’Autorité des marchés financiers (AMF). Le régulateur français a reçu plusieurs signalements concernant des emails frauduleux adressés à des professionnels. Les auteurs de ces messages se font passer pour l’AMF et réclament la signature de certains documents sous couvert d’une prétendue procédure réglementaire.

Pour renforcer la crédibilité de leur approche, ils utilisent le nom de l’institution, une adresse d’expéditeur trompeuse ainsi qu’un numéro de référence. Face à cette campagne, l’AMF demande aux destinataires de ne donner aucune suite aux messages concernés et a transmis les éléments recueillis au procureur de la République.

Des fraudeurs usurpent l’identité de l’AMF par email

L’Autorité des marchés financiers a lancé son avertissement le 1er septembre 2026 après avoir reçu plusieurs signalements au cours de la même journée. Les messages ont touché différents acteurs du secteur financier, qu’ils soient régulés ou non par l’institution.

La méthode employée repose sur l’usurpation d’identité. Les fraudeurs cherchent à faire croire que le message provient directement du régulateur français.

L’expéditeur apparaît notamment sous un nom proche de « AMF Autorité des Marchés Financiers », associé à la mention « AMF_Service » et au domaine officiel de l’institution. Cette présentation visible masque toutefois la véritable adresse utilisée pour envoyer le message.

La technique peut facilement tromper un destinataire qui vérifie uniquement le nom affiché dans sa messagerie sans examiner l’adresse réelle de l’expéditeur.

Un prétendu « avis de violation » pour pousser les victimes à agir

Le contenu du message cherche à créer un sentiment d’urgence. Son objet fait référence à une « action requise » après un supposé avis de violation de l’AMF.

Un numéro de référence est également ajouté à l’objet. Ce détail donne au courrier électronique l’apparence d’une communication administrative individualisée et peut inciter le professionnel à considérer la demande comme authentique.

Les destinataires sont ensuite invités à signer certains documents. Or, l’AMF confirme qu’elle n’est pas à l’origine de ces sollicitations et recommande de ne pas y répondre.

Le procédé reprend ainsi plusieurs mécanismes classiques du phishing : usurpation d’une institution reconnue, caractère urgent de la demande et présentation suffisamment professionnelle pour réduire la méfiance du destinataire.

Des domaines étrangers apparaissent derrière les emails frauduleux

L’analyse des signalements permet également d’identifier plusieurs indices techniques.

D’après les informations publiées par l’AMF, les véritables adresses d’expédition observées ne correspondent pas au domaine officiel du régulateur. Certaines se terminent notamment par des domaines en « eigen.eng.br » ou « laxmipackaging.co.in ».

Ce décalage entre le nom affiché et l’adresse réelle constitue un signal d’alerte majeur.

Un email peut en effet présenter un nom d’expéditeur rassurant tout en provenant d’un domaine totalement différent. Avant d’ouvrir une pièce jointe, de cliquer sur un lien ou de transmettre des informations, les professionnels ont donc intérêt à contrôler l’adresse complète utilisée pour l’envoi.

Cette vérification devient particulièrement importante lorsqu’un message évoque une sanction, une violation réglementaire ou réclame une action immédiate.

L’AMF transmet l’affaire au procureur de la République

Le régulateur ne s’est pas limité à publier une mise en garde. Les informations relatives à cette campagne frauduleuse ont également été transmises au procureur de la République.

Cette décision intervient alors que l’usurpation de l’identité de l’AMF ne constitue pas un phénomène isolé.

Sur plusieurs de ses espaces dédiés aux professionnels, l’institution rappelle que son identité et celle de certains de ses collaborateurs sont régulièrement exploitées par des escrocs. Elle précise également qu’elle ne propose pas de services financiers et ne demande pas aux professionnels d’effectuer des opérations financières en son nom.

En cas de doute sur une communication supposément envoyée par le régulateur, les professionnels peuvent donc vérifier son authenticité auprès de leur interlocuteur habituel à l’AMF plutôt que d’utiliser les coordonnées fournies dans le message suspect.

Comment reconnaître un faux email qui usurpe l’AMF ?

Plusieurs précautions permettent de réduire le risque face à ce type de tentative :

  • vérifier l’adresse électronique réelle de l’expéditeur et pas seulement le nom affiché ;
  • se méfier des demandes présentées comme urgentes ou liées à une prétendue infraction ;
  • ne pas ouvrir immédiatement une pièce jointe ou un document inattendu ;
  • éviter de cliquer sur les liens contenus dans un message dont l’origine reste incertaine ;
  • vérifier une demande inhabituelle directement auprès de l’AMF par les canaux officiels ;
  • ne jamais transmettre d’informations sensibles avant d’avoir confirmé l’identité de l’interlocuteur.

L’alerte actuelle montre surtout que l’apparence d’une adresse officielle ne suffit pas à garantir l’authenticité d’un email. Les fraudeurs misent précisément sur la confiance accordée aux institutions financières pour pousser leurs cibles à agir rapidement.

Face aux messages concernés, la recommandation de l’AMF est sans ambiguïté : les destinataires ne doivent pas donner suite.

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