AXIAN et la BAD facilitent l’accès au crédit numérique pour 34 000 Africaines

L’accès au financement reste l’un des principaux obstacles au développement des entreprises dirigées par des femmes en Afrique. Pour répondre à cette difficulté, le groupe panafricain AXIAN et la Banque africaine de développement (BAD) lancent un programme d’inclusion financière destiné à faciliter l’accès au crédit numérique pour 34 000 entreprises dirigées par des femmes.

Déployée dans plusieurs pays africains, cette initiative entend combiner financement digital, éducation financière et accompagnement entrepreneurial. Elle s’inscrit dans le cadre de l’initiative AFAWA (Affirmative Finance Action for Women in Africa) de la BAD, avec le soutien de We-Fi (Women Entrepreneurs Finance Initiative).

Un déficit de financement de 49 milliards de dollars

L’initiative intervient dans un contexte où les entrepreneures africaines font face à un important déficit de financement. Celui-ci est estimé à 49 milliards de dollars, alors même que l’Afrique affiche le taux d’entrepreneuriat féminin le plus élevé au monde.

Pour de nombreuses micro, petites et moyennes entreprises (MPME) dirigées par des femmes, l’accès au crédit bancaire traditionnel demeure difficile. Les exigences en matière de garanties, l’absence d’historique bancaire ou encore l’informalité d’une partie des activités peuvent limiter l’accès aux financements.

Le programme porté par AXIAN et la BAD mise ainsi sur les outils numériques pour réduire ces barrières et rapprocher les entrepreneures des services financiers formels.

34 000 entreprises ciblées par le crédit numérique

Le premier volet du programme prévoit de faciliter l’accès à des produits financiers numériques pour 34 000 MPME dirigées par des femmes.

Les bénéficiaires seront situées à Madagascar, en Tanzanie et au Sénégal. Elles pourront notamment accéder à des solutions de microcrédit et de prêt numérique conçues pour répondre davantage aux réalités des petites entreprises.

L’un des éléments clés du dispositif repose sur le recours au scoring alternatif. Cette approche permet d’évaluer la capacité de remboursement d’une entrepreneure à partir de données autres que les critères bancaires traditionnels.

Les historiques de transactions numériques et d’autres données disponibles peuvent ainsi contribuer à mieux apprécier la solvabilité de profils qui disposent de peu ou pas d’antécédents auprès des banques.

Le mobile comme porte d’entrée vers le financement

Pour déployer ces services, AXIAN s’appuiera notamment sur ses plateformes de services financiers mobiles Mixx et MVola.

Le dispositif associe plusieurs services : mobile money, paiements digitaux, prêts numériques, outils d’éducation financière et solutions d’accompagnement destinées aux petites entreprises.

Cette stratégie repose sur un constat simple : le téléphone mobile constitue déjà un outil largement utilisé pour effectuer des transactions dans de nombreux marchés africains. En s’appuyant sur cet usage, le programme cherche à transformer le mobile en véritable porte d’entrée vers les services financiers formels.

L’objectif est notamment de permettre aux entrepreneures de construire progressivement un historique financier numérique susceptible de faciliter leur accès au crédit.

25 000 femmes bénéficieront également de formations

L’accès au financement ne constitue toutefois qu’un volet de l’initiative. Un second axe prévoit de former 25 000 femmes aux compétences nécessaires pour mieux gérer et développer leur activité.

Les formations porteront notamment sur l’éducation financière, les compétences numériques et l’entrepreneuriat.

Ce volet sera déployé dans cinq pays : Madagascar, Tanzanie, Sénégal, Togo et Comores.

L’ambition est de donner aux bénéficiaires les moyens de mieux utiliser les services financiers numériques, de gérer leurs ressources et de renforcer la pérennité de leurs entreprises.

Madagascar, Tanzanie et Sénégal au cœur du volet crédit

Le programme distingue donc clairement les territoires concernés selon les types d’intervention.

Le crédit numérique destiné aux 34 000 entreprises sera déployé à Madagascar, en Tanzanie et au Sénégal. Les activités de formation et d’accompagnement, elles, couvriront un périmètre plus large incluant également le Togo et les Comores.

Cette approche permet de combiner accès au capital et renforcement des capacités, deux leviers souvent indispensables pour favoriser la croissance des petites entreprises.

Un levier pour renforcer l’inclusion financière des femmes

Au-delà du nombre de bénéficiaires, le partenariat entre AXIAN et la BAD cherche à répondre à un enjeu plus structurel : réduire les inégalités d’accès aux services financiers pour les femmes entrepreneures africaines.

Le recours au numérique peut contribuer à réduire certaines contraintes associées au système bancaire traditionnel. Les services accessibles depuis un téléphone peuvent notamment rapprocher les solutions financières des entrepreneures qui sont éloignées des agences ou qui ne remplissent pas les critères habituels d’accès au crédit.

Le programme vise également à favoriser la transition progressive de certaines activités vers l’économie formelle, en donnant aux entrepreneures davantage d’outils pour gérer leurs transactions et leurs finances.

Le financement digital au service de l’entrepreneuriat féminin

Pour AXIAN comme pour la BAD, l’enjeu dépasse donc la simple distribution de crédits. Il s’agit de créer un environnement dans lequel les femmes entrepreneures peuvent accéder à des services financiers adaptés, améliorer leurs compétences et développer leurs entreprises.

L’initiative s’inscrit dans la dynamique d’AFAWA, le programme de la BAD consacré au financement des femmes en Afrique, et bénéficie de l’appui de We-Fi.

En combinant technologie financière, données alternatives et formation, le partenariat entend ainsi s’attaquer à plusieurs obstacles qui freinent encore l’essor des entreprises dirigées par des femmes sur le continent.

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