Coup dur pour Apicap. La société de gestion de portefeuille, connue pour ses fonds d’investissement alternatifs, vient de perdre son agrément délivré par l’Autorité des marchés financiers (AMF). Une décision qui s’ajoute à sa mise en liquidation judiciaire, et qui marque une nouvelle étape dans une procédure déjà lourde de conséquences pour ses investisseurs et partenaires.
Une décision motivée par le non-respect des conditions réglementaires
Le 4 juillet 2025, le Collège de l’AMF a tranché : « La société Apicap ne respectait plus les conditions de son agrément en qualité de société de gestion de portefeuille », indique le régulateur. Cette décision s’appuie sur l’article L. 532-10 du Code monétaire et financier, qui permet de retirer l’autorisation lorsqu’une société ne remplit plus ses obligations légales.
Les fonds d’investissement alternatifs (FIA) sous gestion ne seront pas laissés à l’abandon. L’AMF précise que le retrait prendra effet uniquement après le transfert de leur gestion à une ou plusieurs sociétés dûment autorisées, ou à défaut, après leur liquidation. La date limite fixée est le 31 décembre 2025, sauf prorogation.
Une entreprise déjà fragilisée avant la sanction
Bien avant le retrait de son agrément, Apicap faisait déjà face à de graves difficultés. Le 3 juin 2025, le Tribunal de commerce de Paris a prononcé sa liquidation judiciaire sans poursuite d’activité. Maître Demortier a été désigné comme liquidateur judiciaire.
Ce dernier travaille en collaboration avec l’AMF pour organiser le transfert des FIA vers d’autres gestionnaires volontaires. « L’objectif est d’assurer le passage de relais dans les meilleures conditions », souligne le régulateur. Aucun mandataire n’a été nommé pour surveiller Apicap, la liquidation judiciaire rendant cette mesure superflue.
Pour les investisseurs, la situation ouvre une période d’incertitude. Les transferts devront être finalisés rapidement pour éviter toute perturbation dans la gestion des actifs. Si les FIA trouvent preneur, la transition pourrait limiter l’impact sur les porteurs de parts. Dans le cas contraire, la liquidation des fonds pourrait intervenir, avec les risques que cela comporte en matière de valorisation.
Le dossier Apicap illustre la fermeté de l’AMF face au non-respect des obligations réglementaires, même dans un contexte déjà marqué par des difficultés financières. Pour les acteurs du capital-investissement, cette affaire rappelle l’importance de maintenir en permanence les conditions de leur agrément et de garantir une gestion conforme aux standards exigés. Reste à voir si la procédure de transfert ou de liquidation des fonds pourra se dérouler dans les délais, et si les investisseurs parviendront à limiter les pertes potentielles.


