Crypto : la FSMA alerte sur six plateformes non agréées

La FSMA met en garde les investisseurs contre six plateformes proposant des services sur crypto-actifs en Belgique sans disposer de l’agrément requis. L’alerte intervient quelques jours après la fin du régime transitoire prévu par le règlement européen MiCA.

Six plateformes crypto visées par la FSMA

Dans une mise en garde publiée le 6 juillet 2026, l’Autorité belge des services et marchés financiers indique avoir identifié plusieurs prestataires actifs sans autorisation. Elle déconseille vivement de répondre aux offres d’Aurum Foundation, Bank Bit, Bithf Pro, Dxago, Global Dynamic Trade et ZeriaFunding.

Les sites concernés sont respectivement aurum.foundation, bank-bit.com, bitfpro.org, dxago.com, globaldynamictrade.org et zeriafunding.com. La FSMA précise avoir ajouté ces six entités à sa liste de prestataires de services sur crypto-actifs considérés comme frauduleux. Cette liste reste toutefois non exhaustive et peut être régulièrement complétée.

Cette qualification émane donc directement du régulateur belge. La mise en garde ne doit pas être interprétée comme une décision judiciaire établissant, à elle seule, des infractions pénales pour chacune des plateformes.

MiCA impose désormais un agrément aux prestataires

Le durcissement intervient avec l’application complète du règlement européen MiCA, qui harmonise la réglementation des marchés de crypto-actifs au sein de l’Union européenne. Depuis le 30 décembre 2024, les nouveaux prestataires doivent disposer du statut de Crypto-Asset Service Provider, ou CASP, pour fournir les services couverts par le règlement.

Les entreprises déjà actives conformément aux règles nationales avant cette date pouvaient bénéficier d’une période transitoire. Celle-ci a pris fin au plus tard le 1er juillet 2026. L’Autorité européenne des marchés financiers, l’ESMA, a rappelé qu’un prestataire n’ayant pas obtenu son autorisation à cette échéance doit cesser de fournir les services concernés dans l’Union.

L’agrément délivré dans un État membre permet ensuite au CASP de proposer ses services dans les autres pays de l’Union, sous réserve des règles prévues par MiCA. Une plateforme active en Belgique ne doit donc pas nécessairement détenir un agrément délivré par la FSMA elle-même, mais elle doit être autorisée ou habilitée conformément au cadre européen.

Comment vérifier une plateforme crypto avant d’investir

La FSMA recommande de consulter le registre européen tenu par l’ESMA avant de confier des fonds ou des crypto-actifs à une plateforme. Ce registre répertorie notamment les prestataires agréés ainsi que l’autorité ayant délivré l’autorisation et les services qu’ils peuvent proposer.

La vigilance reste nécessaire même lorsqu’un site présente une apparence professionnelle. Il faut notamment vérifier l’identité juridique de l’entreprise et s’assurer que le nom de domaine utilisé correspond réellement à celui du prestataire autorisé. Une société réglementée peut en effet voir son identité usurpée par des acteurs sans lien avec elle.

La FSMA rappelle aussi les risques propres aux crypto-actifs. Leur valeur peut évoluer brutalement, leur liquidité n’est pas toujours garantie et les investisseurs peuvent perdre une partie ou la totalité de leur mise. Certains mécanismes traditionnels de protection des dépôts ou d’indemnisation ne s’appliquent pas à ces actifs.

Que faire après un versement à une plateforme suspecte ?

En cas de soupçon de fraude, le régulateur belge recommande d’abord d’interrompre les paiements et de couper le contact avec la plateforme. Il conseille ensuite d’avertir rapidement sa banque, de signaler les faits à la FSMA et de déposer plainte auprès de la police.

Les investisseurs devraient également conserver les courriels, conversations, relevés de compte, captures d’écran et références des transactions. Ces éléments peuvent faciliter les démarches ultérieures.

La FSMA alerte enfin sur les « recovery rooms ». Après une première perte, de faux intermédiaires peuvent contacter les victimes et leur promettre de récupérer leurs fonds contre de nouveaux frais. Cette seconde sollicitation peut elle-même constituer une tentative d’escroquerie.

Avec la fin du régime transitoire MiCA, la question de l’autorisation devient désormais un critère central avant d’utiliser un service crypto dans l’Union européenne. L’ESMA rappelle d’ailleurs que les clients d’un prestataire non autorisé ne bénéficient pas des protections prévues par MiCA pour les utilisateurs de CASP agréés.

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