Une relation née sur une application de rencontre ou les réseaux sociaux peut parfois cacher une arnaque au bitcoin particulièrement sophistiquée. Le fraudeur construit d’abord un lien affectif, puis pousse sa cible vers un faux investissement en cryptomonnaies jusqu’à lui faire perdre des sommes considérables.
L’arnaque au bitcoin commence souvent par une relation de confiance
Le scénario ne débute généralement pas par une proposition financière. Un inconnu engage la conversation sur une application de rencontre, un réseau social ou une messagerie. Il prend le temps d’échanger, partage une histoire personnelle crédible et entretient parfois la relation pendant plusieurs semaines.
Ce mécanisme est connu sous le nom de « pig butchering », ou fraude à l’investissement fondée sur la confiance. Une fois le lien établi, l’interlocuteur évoque progressivement ses prétendus succès dans le trading du bitcoin ou d’autres crypto-actifs. Il propose ensuite à sa cible d’essayer la même méthode.
L’Autorité des marchés financiers française alerte précisément sur cette technique. Les escrocs peuvent se faire passer pour un ami, un professionnel de la finance ou une relation amoureuse à distance avant de présenter un placement supposément très rentable.
Une fausse plateforme affiche des gains qui n’existent pas
L’investissement proposé repose souvent sur une plateforme contrôlée par les fraudeurs. L’interface peut afficher le cours du bitcoin, des graphiques professionnels et un portefeuille dont la valeur augmente rapidement.
Ces gains sont fictifs. Une petite somme peut même parfois être retirée au début afin de rassurer la victime. Convaincue que le système fonctionne, elle investit davantage, parfois après avoir emprunté de l’argent ou vendu une partie de son patrimoine.
Lorsque les montants deviennent importants, le piège se referme. Le retrait est bloqué et de nouveaux paiements sont réclamés au titre d’une taxe, d’une assurance ou de frais administratifs. Verser ces sommes ne permet généralement pas de récupérer l’argent.
Le bitcoin n’est donc pas nécessairement l’objet réel de l’investissement. Il sert surtout de moyen de paiement ou de façade financière à une plateforme frauduleuse.
Les fraudes aux cryptomonnaies représentent des milliards de dollars
L’ampleur financière du phénomène est considérable. Selon le rapport 2025 du FBI, les fraudes à l’investissement en cryptomonnaies ont généré environ 7,2 milliards de dollars de pertes déclarées aux États-Unis. Elles constituaient la première source de pertes liées à la cybercriminalité financière dans cette catégorie.
Plus largement, les plaintes impliquant les cryptomonnaies ont dépassé 11 milliards de dollars de pertes en 2025. Le FBI souligne que ces escroqueries reposent souvent sur une manipulation psychologique de longue durée et sur de faux services d’investissement.
Le niveau de manipulation est tel que de nombreuses victimes ne comprennent pas immédiatement qu’elles sont piégées. Dans le cadre de son opération Level Up, le FBI avait identifié plus de 8 100 victimes fin 2025. Environ 77 % ignoraient encore qu’elles participaient à une fraude au moment où les autorités les ont contactées.
Comment reconnaître une arnaque amoureuse liée aux cryptos
Plusieurs signaux doivent éveiller la méfiance. Une personne rencontrée exclusivement en ligne qui commence à parler d’investissements, promet des rendements élevés ou impose une plateforme inconnue présente un risque important.
L’AMF rappelle qu’aucun acteur sérieux ne peut garantir un rendement minimum sur le bitcoin ou d’autres crypto-actifs. Elle recommande également de se méfier des interlocuteurs jamais rencontrés physiquement qui utilisent une relation affective pour instaurer la confiance.
Il faut aussi vérifier l’existence et le statut réglementaire de la plateforme avant tout transfert. Un site au design professionnel, une application disponible sur un téléphone ou un tableau de bord affichant des bénéfices ne constituent aucune preuve de légitimité.
Enfin, une demande de paiement supplémentaire pour « débloquer » des fonds constitue un signal particulièrement préoccupant. Certaines victimes subissent même une seconde fraude lorsqu’un faux avocat, une prétendue banque ou un intermédiaire promet ensuite de récupérer leur argent contre de nouveaux frais.
Dans ces affaires, la technologie n’est qu’une partie du piège. L’arme principale reste la confiance. Le fraudeur ne cherche pas seulement à convaincre sa victime d’acheter du bitcoin. Il cherche d’abord à devenir quelqu’un qu’elle ne remettra plus en question.






