Piggy.ch figure sur la liste d’alerte de la FINMA, l’autorité suisse de surveillance des marchés financiers, depuis le 25 novembre 2024. Le régulateur évoque de graves soupçons d’activité non autorisée et un risque important pour les investisseurs, ce qui impose une vigilance particulière avant toute transaction.
Pourquoi Piggy.ch figure-t-il sur la liste noire de la FINMA ?
L’Autorité fédérale de surveillance des marchés financiers (FINMA) a publié une mise en garde concernant piggy Switzerland AG, une société domiciliée à Cham, dans le canton de Zoug.
L’entreprise est associée au site Piggy.ch et à l’adresse Alte Steinhauserstrasse 1, 6330 Cham, en Suisse.
Dans son avis daté du 25 novembre 2024, le régulateur précise que cette inscription repose sur un grave soupçon d’exercice d’une activité financière sans autorisation ainsi que sur un danger imminent et considérable pour les investisseurs.
La FINMA souligne que cette décision ne résulte pas d’un simple manquement à l’obligation de fournir des informations.
Cette distinction est importante. Le signalement repose sur des préoccupations sérieuses concernant les activités de l’entreprise et les risques auxquels pourraient être exposés ses clients.
Toutefois, l’inscription sur une liste d’alerte ne constitue pas, à elle seule, une condamnation pénale pour escroquerie. Elle ne permet pas non plus d’affirmer que tous les clients de la société ont subi des pertes financières.
L’organisme suisse publie ces avertissements pour permettre aux particuliers d’identifier les prestataires qui pourraient exercer des activités réglementées sans disposer des autorisations nécessaires.
Quels services financiers Piggy.ch proposait-il ?
Piggy.ch se présentait comme une plateforme numérique d’épargne destinée aux particuliers.
Les anciennes pages du site mettaient en avant une solution permettant de déposer de l’argent, de gérer son épargne depuis une application mobile et de récupérer ses fonds sans durée minimale de blocage.
La plateforme annonçait notamment un taux d’intérêt de 4 %, sans frais de gestion ni coûts cachés.
Elle précisait également ne pas être une banque et affirmait conserver les dépôts sur un compte collectif séparé de ses propres actifs.
Ces arguments commerciaux pouvaient attirer les épargnants à la recherche de placements simples et rémunérateurs.
Cependant, les affirmations publiées par un prestataire financier ne suffisent jamais à démontrer la sécurité des fonds déposés.
L’absence de statut bancaire doit notamment conduire les utilisateurs à vérifier les garanties réellement applicables, les conditions de retrait et l’identité des établissements qui conservent leur argent.
Concernant Piggy.ch, la mise en garde de la FINMA remet précisément en question le cadre réglementaire dans lequel l’entreprise aurait exercé ses activités.
Piggy.ch est-il encore accessible et fiable en 2026 ?
La situation actuelle du domaine soulève une autre interrogation.
Selon les informations signalées concernant Piggy.ch, l’adresse redirige désormais vers une page consacrée à la vente du nom de domaine, plutôt que vers les services financiers auparavant présentés.
Cette évolution n’a toutefois pas pu être confirmée indépendamment par une vérification en temps réel. Une ancienne version du site reste accessible dans les résultats archivés des moteurs de recherche.
Il faut également distinguer la situation juridique d’une société de celle de son adresse Internet.
Un nom de domaine peut changer de propriétaire, être désactivé ou être proposé à la vente sans que ces opérations établissent automatiquement la fermeture ou la liquidation de l’entreprise qui l’utilisait.
Dans le cas de Piggy.ch, aucune information vérifiée ne permet d’affirmer qu’une procédure de remboursement a été mise en place pour les anciens utilisateurs.
Les personnes ayant effectué des dépôts doivent donc éviter de considérer une éventuelle disparition du site comme une preuve suffisante de la perte définitive de leurs fonds.
Elles doivent également se méfier des intermédiaires qui promettraient de récupérer leur argent contre le paiement de frais supplémentaires.
Comment se protéger face à une plateforme financière signalée ?
Avant d’investir sur une plateforme suisse, plusieurs vérifications permettent de limiter les risques.
La première consiste à consulter le registre officiel de la FINMA pour déterminer si l’entreprise possède une autorisation correspondant aux services qu’elle commercialise.
Il convient ensuite de vérifier sa raison sociale, son inscription au registre du commerce et les coordonnées de ses représentants.
Une immatriculation commerciale ne constitue pas une autorisation d’exercer des activités financières réglementées.
Les investisseurs doivent aussi examiner les conditions contractuelles, les modalités de retrait et les garanties proposées sur les capitaux.
En cas de dépôt déjà effectué, il est recommandé de conserver les contrats, les relevés bancaires, les confirmations de transaction et les échanges avec le prestataire.
Ces éléments peuvent faciliter un signalement aux autorités compétentes ou une éventuelle démarche juridique.
Le cas de Piggy.ch rappelle ainsi qu’une offre d’épargne attractive ne garantit ni la conformité réglementaire ni la protection des investisseurs.






