Arnaque WhatsApp : la FSMA alerte sur de faux investissements

La FSMA met de nouveau en garde contre une arnaque WhatsApp à l’investissement qui usurpe notamment l’identité de Bolero et de GuardCap. Les fraudeurs promettent des rendements spectaculaires grâce à l’intelligence artificielle et poussent les victimes vers une fausse application de trading.

La FSMA signale de nouveaux groupes WhatsApp frauduleux

L’Autorité belge des services et marchés financiers, la FSMA, a publié le 20 août une nouvelle alerte après avoir reçu de nombreux signalements sur une courte période. Les groupes concernés utilisent sans autorisation les noms et les logos de Bolero, une marque de KBC Bank, et de GuardCap Asset Management Limited.

L’autorité insiste sur un point essentiel : les groupes WhatsApp concernés n’ont aucun lien avec ces établissements. Il s’agit de « cloned firms », une technique dans laquelle des fraudeurs reprennent l’identité d’une entreprise légitime afin de rassurer les investisseurs potentiels.

La FSMA avait déjà publié plusieurs avertissements similaires. Elle avait notamment alerté en mars 2026 sur la multiplication des conseils d’investissement diffusés via WhatsApp. Des mises en garde comparables avaient également été émises en 2025, ce qui montre que cette méthode persiste malgré les alertes répétées du régulateur.

Une promesse de rendement de 360 % grâce à l’IA

Le piège commence généralement sur Facebook ou Instagram. Des publicités promettent l’accès à des groupes WhatsApp proposant des analyses financières exclusives ou des conseils particulièrement rentables. Elles peuvent reproduire le nom et l’identité graphique de banques, de sociétés financières ou même de médias connus.

Une fois intégrés au groupe, les utilisateurs échangent avec des personnes qui se présentent comme des économistes reconnus ou des dirigeants de sociétés d’investissement. Certaines opérations prennent aussi la forme de loteries, que la FSMA soupçonne de servir à collecter des données personnelles.

Les fraudeurs mettent ensuite en avant un prétendu modèle d’intelligence artificielle capable d’identifier des opportunités financières. Dans le cas signalé par le régulateur, ils proposent un investissement présenté comme lié à GuardCap et promettent un rendement de 360 % en seulement trois à quatre mois.

Une telle promesse constitue déjà un signal d’alerte majeur. L’utilisation du terme « intelligence artificielle » ne garantit ni l’existence d’un véritable système d’investissement ni la réalité des performances annoncées.

Une fausse application GTI au cœur du dispositif

Les administrateurs des groupes font également la promotion d’une application baptisée GTI. Pour y accéder, l’utilisateur doit d’abord verser de l’argent. La FSMA présente cette application comme fausse et met en garde contre son téléchargement.

Les sommes affichées sur ce type d’interface ne correspondent pas nécessairement à de véritables investissements. Certaines applications peuvent également servir à installer des logiciels malveillants sur les appareils des victimes, prévient le régulateur.

La FSMA a ajouté les entités utilisant frauduleusement les identités de Bolero et GuardCap à sa liste des entreprises irrégulièrement actives en Belgique. Elle précise toutefois que cette liste n’est pas exhaustive : l’absence d’une société ne prouve donc pas qu’elle est autorisée à fournir des services financiers.

Que faire face à une arnaque WhatsApp à l’investissement ?

La FSMA recommande de quitter immédiatement le groupe concerné, de bloquer ses administrateurs et de ne télécharger aucune application proposée. Une personne ayant déjà transféré des fonds doit interrompre tout nouveau paiement et prévenir rapidement sa banque.

Le régulateur conseille également de conserver les messages, courriels, relevés bancaires et captures d’écran avant de signaler les faits à la FSMA et à la police. Ces éléments peuvent faciliter les démarches ultérieures.

Une autre menace peut survenir après la première fraude. Des individus contactent parfois les victimes en prétendant pouvoir récupérer l’argent perdu contre paiement. La FSMA décrit ces « recovery rooms » comme une technique susceptible de constituer une nouvelle escroquerie.

L’avertissement rappelle enfin qu’un nom connu, un logo professionnel ou une prétendue technologie d’IA ne suffisent jamais à établir la fiabilité d’une offre. Avant tout versement, la FSMA recommande de vérifier directement si le prestataire dispose bien des autorisations nécessaires.

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