CZ promet de doubler vos bitcoins. Cathie Wood vous invite dans un groupe privé pour profiter d’un investissement exceptionnel. Une célébrité de la finance apparaît même en vidéo pour garantir des rendements spectaculaires. Le problème est simple : aucune de ces personnes n’est nécessairement derrière l’offre. Les arnaques crypto exploitent de plus en plus l’identité de personnalités connues pour emprunter leur crédibilité.
Avec les deepfakes et l’intelligence artificielle, une photo et un faux compte ne sont même plus nécessaires. Une voix et un visage peuvent désormais être reproduits.
Cathie Wood est devenue malgré elle un argument commercial
La fondatrice d’ARK Invest, Cathie Wood, est régulièrement utilisée pour attirer des investisseurs vers de fausses opportunités.
ARK Invest reconnaît publiquement l’existence de faux sites, chaînes YouTube et comptes sociaux utilisant son nom ou celui de Cathie Wood. Certains promettent des investissements privés, des rendements garantis ou des distributions de cryptomonnaies.
La méthode est particulièrement efficace parce que les escrocs ne construisent pas leur crédibilité à partir de zéro. Ils la volent.
Une victime qui connaît Cathie Wood comme investisseuse spécialisée dans les technologies peut accorder davantage d’attention à une publicité où son visage apparaît. Les fraudeurs peuvent ensuite rediriger l’internaute vers un faux site ou une conversation privée.
Certains détournent même des chaînes YouTube existantes avant de les transformer en fausses chaînes ARK Invest. Ils diffusent alors d’anciennes vidéos de Cathie Wood sous forme de faux directs et proposent aux spectateurs d’envoyer des cryptos avec la promesse de recevoir davantage en retour.
La FINRA a documenté une autre évolution inquiétante. Elle montre notamment une publicité frauduleuse utilisant une véritable photographie de Cathie Wood et un deepfake vidéo employé pour promouvoir une arnaque crypto.
CZ et les patrons de la crypto offrent une crédibilité instantanée
Le même mécanisme explique l’intérêt des fraudeurs pour Changpeng Zhao, plus connu sous le nom de CZ.
Pour un escroc, associer une offre à une personnalité connue de l’écosystème crypto permet de supprimer une partie de la méfiance initiale. Le nom fonctionne comme un raccourci de confiance.
Les faux comptes peuvent reprendre une photographie officielle, copier des publications authentiques et modifier légèrement le nom d’utilisateur. Ils contactent ensuite directement les victimes ou les orientent vers Telegram et WhatsApp.
Cette méthode dépasse largement la crypto. La FINRA explique que les fraudeurs copient les noms et informations publiques de véritables professionnels de l’investissement afin de donner une apparence légitime à leurs offres. Ils peuvent ensuite proposer de faux produits financiers ou de prétendues stratégies de trading crypto.
L’intelligence artificielle rend désormais l’usurpation beaucoup plus convaincante. La SEC américaine avertit que les fraudeurs peuvent utiliser des voix clonées, des images modifiées et des vidéos deepfake pour dissimuler leur véritable identité.
Une vidéo n’est désormais plus une preuve
Pendant longtemps, voir une personnalité parler devant une caméra constituait un puissant indice d’authenticité. Cette époque disparaît.
Des chercheurs de Palo Alto Networks ont identifié des dizaines de campagnes utilisant des deepfakes de dirigeants, responsables politiques et personnalités publiques pour promouvoir de faux investissements. Des centaines de domaines ont servi à ces opérations dans plusieurs langues et pays.
La conséquence pour les investisseurs est importante. Il ne suffit plus de reconnaître un visage, une voix ou un logo.
La vérification doit désormais s’effectuer en dehors du contenu reçu. Une proposition attribuée à une personnalité doit être recherchée directement sur ses canaux officiels. Un message privé promettant un rendement garanti, un accès exclusif ou un cadeau crypto constitue un signal d’alerte majeur.
ARK Invest précise par exemple que Cathie Wood et ses équipes ne sollicitent jamais de fonds ou de cryptomonnaies par message privé, WhatsApp ou vidéo YouTube. Elles ne proposent pas non plus de rendements garantis ni de crypto giveaways.
Le changement est profond. Les escrocs n’ont plus besoin d’inventer un expert crédible. Ils peuvent emprunter le visage, la réputation et désormais la voix de quelqu’un qui existe réellement.
CZ ou Cathie Wood peuvent ainsi apparaître au centre d’une arnaque sans en connaître l’existence. Pour l’épargnant, la règle devient donc simple : la célébrité qui apparaît dans la publicité n’est jamais une preuve que l’investissement existe.






