Une escroquerie de grande ampleur impliquant plus de 90 000 victimes vient d’éclater aux États-Unis. Le responsable d’un vaste système frauduleux, basé sur une fausse promesse de rendements en bitcoin, a reconnu les faits. Alors que le secteur peine à se défaire de son image sulfureuse, ce nouvel épisode rappelle que les dérives financières continuent de sévir dans l’univers des cryptos.
Une fraude structurée autour d’un arbitrage fictif
Dans une procédure ouverte en Virginie, Ramil Ventura Palafox, 60 ans, a admis avoir dirigé un système de Ponzi déguisé en plateforme d’investissement crypto. À la tête de Praetorian Group International (PGI), il assurait à ses clients des rendements journaliers compris entre 0,5 % et 3 %, grâce à un prétendu arbitrage automatisé sur le bitcoin, fondé sur l’intelligence artificielle.
D’après les autorités américaines, ces performances étaient totalement fictives : « Il ne gérait pas un volume de trading suffisant pour générer les rendements promis. » En clair, les anciens investisseurs étaient rémunérés avec les apports des nouveaux entrants — une mécanique bien connue des arnaques pyramidales. Entre décembre 2019 et octobre 2021, plus de 201 millions de dollars ont été collectés auprès de 90 000 personnes dans le monde, selon un communiqué du Department of Justice.
Un train de vie luxueux financé par les victimes
En parallèle des promesses de gains, le site officiel de PGI publiait régulièrement des résultats prétendument liés aux performances de la plateforme. Ces chiffres étaient en réalité manipulés, selon les enquêteurs. L’objectif était de maintenir la confiance des investisseurs et alimenter l’illusion de rentabilité. Pendant ce temps, Palafox utilisait une partie des fonds pour ses dépenses personnelles, profitant d’un train de vie dispendieux.
Le 18 septembre 2025, le responsable de ce Ponzi bitcoin a plaidé coupable devant un tribunal fédéral. Il encourt désormais jusqu’à 40 ans de prison, et devra rembourser plus de 62,7 millions de dollars à ses victimes. Le verdict final est attendu pour le 3 février 2026.
Cette affaire rappelle plusieurs précédents célèbres comme BitConnect, PlusToken ou OneCoin. Selon le procureur fédéral chargé de l’enquête, PGI a utilisé une structure similaire, bien que d’ampleur moindre, pour soutirer de l’argent à des investisseurs souvent novices.
« De décembre 2019 à octobre 2021, au moins 90 000 investisseurs ont investi plus de 201 millions de dollars, dont au moins 30 millions en fiat et plus de 8 000 BTC », peut-on lire dans l’acte d’accusation officiel.
Le Ponzi bitcoin, une menace toujours présente
Les retombées judiciaires de cette fraude sont majeures, mais elles ne suffisent pas à endiguer un phénomène récurrent dans l’écosystème crypto. La popularité croissante du bitcoin et l’attrait pour des gains rapides facilitent encore la propagation de montages frauduleux, souvent habillés de jargon technologique ou de promesses irréalistes.
Ce Ponzi bitcoin à 200 millions de dollars n’est qu’un exemple parmi d’autres. Il souligne la nécessité d’un encadrement réglementaire renforcé, mais aussi l’importance de l’éducation des investisseurs, en particulier sur les risques de rendements garantis dans un marché hautement spéculatif.
Tant que les utilisateurs ne seront pas outillés pour déchiffrer les signaux d’alerte, les escroqueries crypto continueront de proliférer.


