webtrader.degiropartners.io : l’AMF place cette plateforme sur sa liste noire

L’Autorité des marchés financiers (AMF) a inscrit webtrader.degiropartners.io sur sa liste noire des acteurs non autorisés en France. Le régulateur classe cette adresse dans la catégorie « Usurpation », un élément particulièrement important pour les investisseurs susceptibles de l’associer au courtier DEGIRO.

webtrader.degiropartners.io ajouté à la liste noire de l’AMF

L’inscription officielle date du 10 septembre 2026. Dans sa base consacrée aux sociétés et sites non autorisés, l’AMF indique que webtrader.degiropartners.io n’est pas autorisé à proposer certains services ou placements financiers en France. Surtout, l’autorité ne classe pas simplement le site parmi les « autres acteurs non autorisés », mais dans la catégorie spécifique des « usurpations ».

Cette qualification signifie que l’adresse utilise des éléments susceptibles de faire croire qu’elle est liée à un acteur existant ou régulé. Le choix du nom mérite ici une vigilance particulière : « degiropartners » reprend le nom DEGIRO, tandis que « webtrader » désigne communément une interface permettant d’effectuer des opérations financières en ligne.

L’avertissement de l’AMF ne doit toutefois pas être interprété au-delà de ce qu’il établit. L’inscription sur la liste noire confirme l’absence d’autorisation pour les activités concernées et, dans ce cas précis, une usurpation signalée par le régulateur. Elle ne constitue pas, à elle seule, une condamnation judiciaire pour escroquerie.

Pourquoi cette plateforme doit alerter les investisseurs

L’usurpation d’identité constitue un risque majeur dans les placements en ligne. Les fraudeurs peuvent reprendre le nom, le logo, l’adresse ou certains documents d’une entreprise connue afin de donner une apparence de légitimité à leurs sollicitations. Un investisseur peut ainsi penser qu’il communique avec un établissement régulé alors que son interlocuteur n’a aucun lien avec celui-ci.

L’AMF rappelle d’ailleurs que ses listes noires ne sont pas exhaustives. Un site absent de ces listes n’est donc pas automatiquement fiable ou autorisé. De nouvelles adresses apparaissent régulièrement et peuvent être utilisées pendant un certain temps avant d’être identifiées par les autorités.

Le régulateur invite notamment à se méfier d’un démarchage provenant d’un interlocuteur inconnu, des promesses de rendements très élevés sans risque, des pressions pour investir rapidement ou encore des demandes de virement vers des comptes bancaires étrangers. Ces signaux doivent conduire à interrompre la démarche et à vérifier indépendamment l’identité de l’intermédiaire.

Comment vérifier une plateforme avant d’investir

Le premier réflexe consiste à ne jamais considérer le nom affiché sur un site comme une preuve d’autorisation. L’identité de l’entreprise, son adresse, son numéro d’agrément et le domaine internet utilisé doivent correspondre aux informations disponibles dans les registres officiels.

Pour les prestataires de services d’investissement, l’investisseur peut notamment consulter le registre Regafi. Pour les intermédiaires relevant de son champ de compétence, l’Orias constitue une autre source de vérification. Les acteurs proposant certains services sur crypto-actifs doivent également disposer du statut réglementaire requis et apparaître dans les registres appropriés de l’AMF.

La vérification doit porter sur l’adresse exacte. Une différence de quelques caractères, un sous-domaine inhabituel ou l’ajout de termes comme « partner », « investment » ou « trading » peut suffire à distinguer le véritable site d’une usurpation. Il est préférable d’accéder au site d’un établissement depuis son adresse officielle plutôt que depuis un lien reçu par courriel, messagerie ou publicité.

L’AMF souligne également qu’une entreprise qui ne figure pas sur une liste noire doit malgré tout faire l’objet d’une vérification de ses autorisations. L’absence d’alerte ne vaut jamais agrément.

Que faire après avoir versé de l’argent ?

Une personne ayant déjà transféré des fonds à travers webtrader.degiropartners.io doit d’abord éviter tout nouveau paiement. Une demande supplémentaire présentée comme une taxe, des frais de déblocage, une commission de retrait ou une condition pour récupérer le capital doit susciter une prudence maximale.

Il faut ensuite conserver les preuves disponibles : relevés et coordonnées bancaires, justificatifs de virements, courriels, conversations, numéros de téléphone, captures d’écran de l’espace client et documents transmis par les interlocuteurs. Ces éléments peuvent faciliter les démarches auprès de la banque et des autorités.

La banque doit être contactée rapidement afin de déterminer si une opération peut encore être bloquée ou rappelée. L’investisseur peut également signaler les faits à l’AMF et déposer plainte lorsque les circonstances le justifient.

Une dernière précaution s’impose : les personnes ayant perdu de l’argent peuvent ensuite être ciblées par de prétendus spécialistes promettant de récupérer leurs fonds contre paiement. Avant de leur transmettre de l’argent ou des informations personnelles, leur identité et leurs autorisations doivent elles aussi être vérifiées.

L’inscription de webtrader.degiropartners.io sur la liste noire officielle fournit donc un signal sans ambiguïté : cette adresse ne doit pas être confondue avec un intermédiaire autorisé à proposer les services concernés en France.

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