Liste noire crypto AMF : 26 nouveaux sites à éviter

L’Autorité des marchés financiers (AMF) a ajouté 26 nouvelles adresses à sa liste noire des sites crypto non autorisés en France, selon une mise à jour publiée le 19 octobre 2026. Parmi les plateformes signalées figurent des noms évoquant le trading par intelligence artificielle, un argument commercial qui impose une vigilance particulière aux investisseurs.

Quels sont les nouveaux sites crypto signalés par l’AMF ?

Les 26 adresses identifiées au troisième trimestre 2026 portent à 64 le nombre de nouvelles inscriptions sur la liste noire crypto de l’AMF depuis le début de l’année.

Ces sites proposent des crypto-actifs ou des services associés sans disposer des autorisations nécessaires pour exercer en France. Leur présence sur cette liste constitue une alerte réglementaire, mais ne signifie pas automatiquement qu’une escroquerie a été judiciairement établie.

Parmi les adresses signalées figurent notamment :

  • alphaairobot.com, dont le nom évoque un robot de trading utilisant l’intelligence artificielle ;
  • bitgrokapp.com, qui suggère une application consacrée aux crypto-actifs ;
  • bitkelttrade.com, avec une référence explicite au trading ;
  • cryptobullbear.com, qui reprend le vocabulaire des marchés financiers ;
  • aureoncorevix.net, également répertorié sous plusieurs variantes ;
  • essorinvexaro.fr, accompagné d’une autre adresse utilisant un tiret ;
  • investpathline.com, dont trois pages différentes apparaissent dans la liste.

L’AMF recense également une page hébergée sur un domaine évoquant un média d’information. Cette présence rappelle que les offres d’investissement peuvent être présentées dans des environnements ressemblant à des sites journalistiques.

Les différentes variantes d’un même nom compliquent aussi l’identification des plateformes. Une modification mineure de l’adresse suffit parfois à créer un nouveau domaine qui n’a pas encore été signalé.

Pourquoi les robots de trading par IA inquiètent-ils ?

L’intelligence artificielle occupe une place croissante dans les arguments commerciaux des plateformes d’investissement. Certains services mettent en avant des algorithmes capables d’analyser les marchés, d’identifier les opportunités et d’exécuter automatiquement des transactions.

Ces fonctionnalités existent réellement dans certaines solutions financières. Toutefois, l’utilisation de l’IA ne garantit ni la rentabilité d’un investissement ni la sécurité des fonds déposés.

Les promesses de gains réguliers, les rendements exceptionnellement élevés et les discours présentant le trading automatisé comme une activité sans risque doivent éveiller les soupçons.

Certaines techniques de démarchage peuvent également renforcer l’apparente crédibilité d’une offre. De faux articles, des témoignages fabriqués ou l’image de personnalités connues peuvent être utilisés pour attirer les investisseurs.

Il faut néanmoins distinguer ces méthodes frauduleuses documentées par les autorités des caractéristiques effectivement établies pour chacun des 26 sites signalés en octobre.

Un nom comportant les termes « AI » ou « robot » ne prouve pas, à lui seul, qu’une plateforme utilise réellement l’intelligence artificielle.

Comment vérifier si une plateforme crypto est autorisée ?

Depuis le 1er juillet 2026, les prestataires souhaitant fournir des services sur crypto-actifs en France doivent disposer du statut de prestataire de services sur crypto-actifs (PSCA), conformément au règlement européen MiCA.

Cette obligation marque la fin de la période transitoire accordée aux entreprises relevant de l’ancien régime français des prestataires de services sur actifs numériques (PSAN).

Avant de déposer de l’argent, l’investisseur doit notamment :

  • Consulter la liste blanche des PSCA publiée par l’AMF.
  • Vérifier l’identité juridique de l’entreprise et les services couverts par son autorisation.
  • Comparer les coordonnées officielles du prestataire avec celles du site utilisé.
  • Rechercher le nom de la plateforme dans les listes noires des autorités financières.
  • Se méfier des sollicitations insistantes et des promesses de rendements garantis.

Un prestataire peut être autorisé par l’AMF ou par une autorité compétente d’un autre État membre de l’Union européenne, selon les règles applicables.

L’absence d’une plateforme sur une liste noire ne constitue jamais une garantie de fiabilité. Ces registres ne sont pas exhaustifs et évoluent au rythme des nouvelles détections.

De même, un agrément réglementaire ne protège pas contre les fluctuations du bitcoin ou des autres crypto-actifs.

Que faire après un investissement sur un site non autorisé ?

Lorsqu’un investisseur découvre que la plateforme utilisée figure sur une liste noire, la priorité consiste à limiter les pertes éventuelles.

Il doit immédiatement interrompre les nouveaux versements et contacter son établissement bancaire pour examiner les possibilités de contestation ou de récupération des fonds.

Il est également important de conserver les preuves des transactions, les conversations avec les interlocuteurs commerciaux et les documents transmis par la plateforme.

Une plainte peut ensuite être déposée auprès des autorités compétentes, accompagnée d’un signalement à l’AMF.

La vigilance reste nécessaire après cette démarche. Des individus peuvent contacter les victimes en prétendant récupérer leurs crypto-actifs contre le paiement de frais supplémentaires.

Avec 64 nouvelles inscriptions depuis janvier 2026, les alertes de l’AMF soulignent l’importance de vérifier les autorisations réglementaires avant tout investissement, particulièrement lorsqu’une offre associe cryptomonnaies, intelligence artificielle et promesses de profits rapides.

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