Arnaque au faux RIB : comment éviter de perdre son argent ?

L’arnaque au faux RIB consiste à détourner un virement bancaire en remplaçant les coordonnées du véritable bénéficiaire par celles d’un escroc. Cette fraude, qui touche aussi bien les particuliers que les entreprises, peut entraîner des pertes importantes lorsqu’une facture falsifiée passe inaperçue.

Comment fonctionne l’arnaque au faux RIB ?

Le principe repose sur une manipulation simple : convaincre une personne de transférer son argent vers un compte bancaire frauduleux, tout en lui faisant croire qu’elle règle une facture légitime.

Les cybercriminels commencent généralement par usurper l’identité d’un fournisseur, d’un propriétaire, d’un artisan ou d’un autre interlocuteur de confiance. Ils transmettent ensuite un relevé d’identité bancaire falsifié, souvent accompagné d’un message annonçant un changement de coordonnées bancaires.

Dans certains cas, les fraudeurs piratent directement la messagerie électronique d’une entreprise ou d’un particulier. Ils peuvent alors intercepter des échanges commerciaux et identifier une facture en attente de paiement.

L’escroc intervient au moment opportun pour substituer son propre RIB à celui du créancier. La victime effectue son virement sans soupçonner que l’argent sera transféré vers un compte contrôlé par un tiers.

Cette technique est particulièrement redoutable lorsque le message provient d’une véritable adresse électronique compromise. Les échanges précédents, les signatures professionnelles et les références de facturation contribuent alors à rendre la demande crédible.

Pourquoi cette fraude bancaire inquiète-t-elle autant ?

L’escroquerie au faux RIB n’est pas nouvelle, mais elle continue de progresser. Dans son rapport d’activité 2025, publié en 2026, Cybermalveillance.gouv.fr constate une augmentation persistante des fraudes au virement, qui concernent désormais toutes les catégories de victimes.

Les entreprises constituent des cibles particulièrement exposées. Un seul règlement destiné à un fournisseur peut représenter plusieurs milliers, voire plusieurs centaines de milliers d’euros.

Les particuliers ne sont pas épargnés. Le paiement de travaux, d’un loyer ou d’une prestation professionnelle peut également être détourné.

Le danger réside notamment dans le caractère apparemment normal de l’opération. Contrairement à un piratage direct du compte bancaire, la victime autorise elle-même le transfert, persuadée de payer le bon destinataire.

Cette particularité complique parfois la récupération des fonds. Une fois le virement exécuté, les fraudeurs peuvent transférer rapidement l’argent vers d’autres comptes.

Comment reconnaître un faux RIB avant un virement ?

Plusieurs signaux doivent éveiller la vigilance, particulièrement lorsqu’un interlocuteur habituel annonce soudainement de nouvelles coordonnées bancaires.

Une demande de paiement urgente, un changement de compte inexpliqué ou une facture légèrement différente des précédentes peuvent révéler une tentative d’escroquerie.

La Banque de France recommande notamment de vérifier la cohérence des informations bancaires et de contacter directement le bénéficiaire par un numéro de téléphone déjà connu.

Depuis le 9 octobre 2025, les banques de la zone euro appliquent également un dispositif de vérification du bénéficiaire pour les virements SEPA. Celui-ci permet de comparer le nom renseigné par le payeur avec celui associé à l’IBAN.

Une alerte de non-concordance doit conduire à interrompre l’opération et à effectuer des vérifications complémentaires.

Toutefois, ce mécanisme ne garantit pas qu’une demande de paiement soit légitime. La vérification directe auprès du véritable créancier demeure essentielle.

Pour les entreprises, une procédure interne imposant une seconde validation avant toute modification de coordonnées bancaires constitue également une protection importante.

Que faire si vous avez envoyé de l’argent sur un faux RIB ?

La rapidité de réaction peut faire la différence lorsqu’un virement a déjà été effectué vers un compte frauduleux.

La première démarche consiste à contacter immédiatement sa banque pour signaler l’escroquerie et demander une procédure de rappel des fonds, appelée « recall ».

Cette procédure peut permettre de récupérer l’argent, mais son succès n’est pas garanti, notamment lorsque les sommes ont déjà été retirées ou transférées.

La victime doit également conserver les courriels, les factures, les coordonnées bancaires reçues et les justificatifs de paiement. Ces éléments pourront faciliter les investigations.

En France, Cybermalveillance.gouv.fr recommande de déposer plainte rapidement auprès des autorités compétentes. Si une messagerie électronique a été compromise, il convient aussi de modifier ses mots de passe et d’activer la double authentification.

Enfin, il faut prévenir le véritable bénéficiaire du paiement afin qu’il puisse vérifier la sécurité de ses propres communications.

Face à cette escroquerie, une précaution reste déterminante : ne jamais accepter un changement de RIB sans confirmation obtenue par un canal indépendant. Quelques minutes de vérification peuvent éviter la perte définitive d’une somme importante.

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