Une tentative d’arnaque au faux coursier a tourné court à Longuenée-en-Anjou, dans le Maine-et-Loire. Alertés par la victime avant l’arrivée du prétendu employé bancaire, les gendarmes ont pu interpeller l’homme en flagrant délit.
Une arnaque au faux coursier préparée par téléphone
Les faits remontent au 9 septembre 2026. La victime reçoit un appel d’un homme qui se présente comme un conseiller bancaire. Celui-ci affirme que des dépenses suspectes ont été détectées sur son compte et qu’une fraude serait en cours.
Pour prétendument résoudre le problème, l’interlocuteur annonce qu’un employé de la banque va se rendre à son domicile afin de récupérer sa carte bancaire. Le scénario correspond à une méthode connue des forces de l’ordre, appelée arnaque ou fraude au faux coursier.
Cybermalveillance.gouv.fr décrit un mécanisme similaire. L’escroc se fait passer pour un conseiller ou un membre du service antifraude, crée un sentiment d’urgence, puis cherche à obtenir des informations permettant de réaliser des opérations frauduleuses. Dans certains cas, un coursier est envoyé au domicile pour récupérer directement la carte bancaire.
Cette fois, toutefois, la victime ne va pas jusqu’au bout du scénario imaginé par les escrocs.
La victime appelle le 17 avant l’arrivée du coursier
Avant de remettre sa carte bancaire, la personne contacte immédiatement les forces de l’ordre en composant le 17. Les militaires de la communauté de brigades du Lion d’Angers se rendent alors sur les lieux.
Lorsque l’homme présenté comme le coursier arrive pour récupérer la carte, les gendarmes sont en mesure d’intervenir. Il est interpellé en flagrant délit alors qu’il s’apprête, selon les informations communiquées, à prendre possession du moyen de paiement.
Le groupement de gendarmerie départementale de Maine-et-Loire a insisté sur le rôle joué par la victime. Il souligne que l’interpellation a été rendue possible par son « bon réflexe », associé à la rapidité d’intervention des militaires.
L’affaire illustre l’importance de vérifier une demande inhabituelle avant de transmettre une carte, un code ou toute autre information bancaire.
Le suspect condamné à deux ans de prison
Après son interpellation, l’homme est placé en garde à vue puis présenté devant le tribunal correctionnel d’Angers. Il est jugé en comparution immédiate.
Le tribunal le condamne à deux ans d’emprisonnement, dont 18 mois avec sursis. Il devra également verser 800 euros de dommages et intérêts à la victime.
Cette condamnation intervient alors que les fraudes au faux conseiller bancaire utilisent des scénarios de plus en plus crédibles. Les escrocs peuvent disposer d’informations personnelles sur leur cible ou usurper des éléments destinés à donner l’apparence d’un appel légitime.
La pression psychologique joue également un rôle central. En faisant croire qu’une fraude est en cours, l’auteur cherche à pousser la victime à agir rapidement, sans prendre le temps de contacter directement sa banque ou les forces de l’ordre.
Une banque ne vient pas récupérer une carte à domicile
Les autorités rappellent un principe essentiel. Une banque ne demande pas à un client de remettre sa carte bancaire à une personne envoyée à son domicile et ne lui réclame pas non plus son code confidentiel.
Cybermalveillance.gouv.fr recommande de ne jamais communiquer les codes reçus par SMS, les identifiants bancaires ou les informations confidentielles demandées lors d’un appel inattendu. En cas de doute, il faut raccrocher et joindre son établissement bancaire par un canal habituel et vérifié.
Les services de police recommandent également de ne pas agir sous la pression, de vérifier directement les informations auprès de sa banque et de ne jamais confier sa carte à un tiers. Si un faux coursier se présente au domicile, les forces de l’ordre doivent être contactées.
À Longuenée-en-Anjou, ce réflexe a permis d’interrompre l’arnaque avant que la carte ne soit remise. L’affaire rappelle surtout qu’en matière de fraude bancaire, quelques minutes consacrées à une vérification peuvent suffire à faire échouer un scénario pourtant bien préparé.






