Liste noire ADC France : plus de 7 000 sites recensés

La liste noire ADC France a franchi le seuil des 7 000 sites examinés au 26 juillet 2026. L’association de défense des consommateurs alerte sur l’essor des plateformes liées aux faux placements, aux crypto-actifs, au trading ou encore aux usurpations d’identité de professionnels.

Plus de 1 200 nouveaux sites ajoutés en un an

ADC France affirme avoir dépassé la barre des 7 000 sites faisant l’objet de ses recherches. L’association, qui enquête sur les placements atypiques depuis 2015 et sur les arnaques aux investissements en ligne depuis 2017, publie une liste actualisée destinée aux consommateurs.

La progression est rapide. Selon l’association, plus de 1 200 sites qualifiés de frauduleux ont été ajoutés en l’espace d’un an. Plus de 300 nouvelles adresses auraient rejoint la liste au cours des deux mois précédant la mise à jour du 26 juillet. En janvier 2026, ADC France indiquait encore avoir identifié plus de 6 200 sites et expliquait en ajouter environ une centaine chaque mois.

Le document publié en juillet atteint environ 230 pages en version PDF. ADC France propose également un fichier consultable sous LibreOffice et associe chaque nom de domaine à une page présentant les éléments recueillis lors de ses investigations.

Crypto, trading et faux placements alimentent la liste

Les dossiers ne concernent pas une seule catégorie de produits. ADC France enquête notamment sur les crypto-actifs, le trading, les placements atypiques et des produits financiers plus classiques comme les SCPI, l’épargne ou certaines offres de crédit. L’association signale également des sites qui usurpent le nom d’entreprises ou de professionnels existants.

Les méthodes évoluent aussi. ADC France indique avoir intégré des sites utilisés dans des escroqueries diffusées via des groupes WhatsApp, parfois organisées selon l’association par des réseaux opérant à l’international. Ses recherches portent principalement sur des plateformes en français, même si elle dit avoir également identifié des sites dans de nombreuses autres langues.

Certaines enquêtes recoupent les alertes des autorités. Par exemple, ADC France cite régulièrement les inscriptions effectuées sur ABE Infoservice, le portail commun notamment utilisé par l’Autorité des marchés financiers et l’ACPR pour signaler des acteurs non autorisés.

Une liste associative à distinguer de celles de l’AMF

La liste d’ADC France ne doit toutefois pas être confondue avec une liste noire réglementaire de l’AMF ou de l’ACPR. Elle résulte des investigations d’une association de consommateurs. ADC France utilise elle-même l’expression « liste noire », mais indique aussi que les adresses répertoriées sont des sites qui lui ont « posé problème » au cours de ses recherches.

Les autorités financières disposent de leurs propres bases. ABE Infoservice recensait plus de 11 000 entrées lors de sa consultation en septembre 2026, couvrant notamment les crypto-actifs, le Forex, les crédits, les assurances et les usurpations de professionnels ou d’autorités. Cette base précise elle-même que ses listes ne peuvent être exhaustives.

L’AMF tient également plusieurs listes d’acteurs non autorisés et rappelle qu’une absence de ces listes ne constitue pas une preuve d’agrément. De nouvelles plateformes peuvent apparaître avant d’avoir été identifiées par les autorités.

Vérifier l’autorisation reste indispensable avant d’investir

La multiplication des noms de domaine complique donc la protection des épargnants. Pour les seules catégories Forex et produits dérivés sur crypto-actifs, l’AMF et l’ACPR avaient ajouté respectivement 31 et 26 sites non autorisés depuis le début de 2026 au 9 juillet. L’AMF avait parallèlement ajouté 38 noms concernant des offres illégales de crypto-actifs ou de services associés.

Avant tout investissement, le premier réflexe consiste à vérifier non seulement les listes noires, mais surtout l’autorisation réelle du prestataire pour le service proposé en France. Une plateforme absente d’une liste d’alerte n’est pas automatiquement fiable.

Le seuil des 7 000 sites recensés par ADC France illustre surtout la vitesse de renouvellement de ces plateformes. Les noms de domaine disparaissent, réapparaissent ou imitent des acteurs connus, obligeant associations et régulateurs à mettre continuellement leurs bases à jour.

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