Le tribunal correctionnel de Louvain, en Belgique, a reconnu quatre personnes coupables dans une affaire d’escroquerie bancaire visant le prince Laurent et son épouse, la princesse Claire. La fraude, déclenchée par un faux SMS en décembre 2021, a entraîné le détournement de 17 776,75 euros sur plusieurs comptes bancaires du couple princier.
Un faux SMS bancaire à l’origine de l’escroquerie
L’affaire remonte au 23 décembre 2021. Ce jour-là, la princesse Claire reçoit un SMS qui semble provenir de Card Stop, le service belge de blocage des cartes bancaires. Le message lui demande de vérifier son identité et de procéder à certaines opérations de sécurité.
Quelques jours auparavant, la princesse avait effectivement perdu sa carte bancaire. Cette coïncidence rend le message particulièrement crédible.
Elle clique alors sur le lien contenu dans le SMS et accède à un site frauduleux qui reproduit l’apparence de celui de Card Stop. Elle y renseigne plusieurs informations personnelles et bancaires.
Malgré ses soupçons, les fraudeurs parviennent à récupérer suffisamment de données pour effectuer des opérations sur ses comptes.
Le 4 janvier 2022, la princesse constate qu’elle ne peut plus utiliser ses cartes bancaires. Après avoir contacté son établissement bancaire, elle découvre l’escroquerie.
Au total, 17 776,75 euros ont été détournés sur quatre comptes bancaires, dont son compte personnel et trois autres comptes pour lesquels elle disposait d’une procuration.
Quatre personnes reconnues coupables de fraude informatique
Le tribunal correctionnel de Louvain a rendu son jugement le lundi 26 octobre 2026, près de cinq ans après les faits.
Cinq prévenus comparaissaient pour fraude informatique et blanchiment d’argent. Quatre ont été reconnus coupables, tandis qu’une cinquième personne a été acquittée faute de preuves suffisantes.
Les sanctions prononcées varient selon leur degré d’implication :
- Deux prévenus ont écopé de douze mois de prison avec sursis pendant cinq ans.
- Un troisième a été condamné à six mois de prison avec sursis pendant trois ans.
- Une quatrième personne a bénéficié d’une suspension du prononcé pendant trois ans.
Le tribunal a également ordonné la confiscation de sommes totalisant 10 765,75 euros.
Pour déterminer les peines, les juges ont notamment tenu compte de la situation financière difficile des condamnés, de leurs antécédents judiciaires et de l’âge de certains au moment des faits.
Comment les escrocs ont-ils détourné l’argent du couple princier ?
L’enquête a révélé un mécanisme de blanchiment reposant sur plusieurs comptes bancaires intermédiaires.
Les quatre personnes reconnues coupables avaient mis leurs comptes ou leurs cartes bancaires à disposition des fraudeurs, en échange d’une rémunération.
Cette pratique, connue sous le nom de money muling, permet aux réseaux criminels de déplacer les fonds volés tout en compliquant leur traçabilité.
Entre le 1er et le 4 janvier 2022, plusieurs virements ont été effectués vers des comptes bancaires belges. Une partie de l’argent a ensuite été retirée en espèces à Laeken, Mons et Charleroi.
D’autres sommes ont servi à effectuer des achats en Espagne, notamment dans un établissement Fnac et une discothèque de Marbella.
Les investigations ont également révélé l’utilisation de fausses identités, de numéros de téléphone anonymes et d’adresses IP modifiées pour dissimuler l’origine des opérations.
Une affaire qui rappelle les dangers du phishing bancaire
L’escroquerie visant le prince Laurent et la princesse Claire illustre les risques du phishing, également appelé hameçonnage.
Cette technique consiste à usurper l’identité d’un organisme de confiance pour obtenir des informations confidentielles.
Dans cette affaire, les fraudeurs ont exploité une circonstance particulière : la perte récente de la carte bancaire de la princesse Claire.
Le message frauduleux semblait ainsi correspondre à un problème réel, ce qui a facilité la tromperie.
Pour limiter les risques, les spécialistes de la cybersécurité recommandent de ne jamais communiquer ses identifiants bancaires après avoir suivi un lien reçu par SMS. En cas d’alerte, il est préférable de contacter directement sa banque par ses canaux officiels.
Si quatre personnes ont été reconnues coupables dans ce dossier, le jugement concerne leur rôle d’intermédiaires financiers dans l’escroquerie. Il ne signifie pas que l’ensemble du réseau à l’origine de l’attaque a été identifié.
Cette affaire rappelle qu’une simple fraude par SMS peut entraîner des pertes financières importantes, même lorsque les victimes prennent conscience du piège après avoir ouvert le lien.






