Les fraudes par manipulation ont atteint 516 millions d’euros en France en 2025, soit 41,6 % de l’ensemble de la fraude aux moyens de paiement. Les faux conseillers bancaires font partie des techniques utilisées pour pousser les victimes à autoriser elles-mêmes des paiements ou des virements frauduleux.
La fraude par manipulation atteint 516 millions d’euros
Les chiffres publiés en septembre 2026 par l’Observatoire de la sécurité des moyens de paiement montrent une nette progression de la fraude par manipulation.
Son montant a augmenté de 34 % en un an pour atteindre 516 millions d’euros en 2025. En 2024, il avoisinait 382 millions d’euros. Sa part dans l’ensemble de la fraude aux moyens de paiement a ainsi doublé en quatre ans.
Au total, la fraude aux moyens de paiement a représenté 1,241 milliard d’euros en 2025, en hausse de 3,8 %. Le nombre d’opérations frauduleuses a pourtant diminué, ce qui souligne le poids croissant de certaines escroqueries reposant sur la manipulation des victimes.
Ces 516 millions d’euros ne correspondent toutefois pas uniquement aux faux conseillers bancaires. La Banque de France inclut également dans cette catégorie des techniques comme la fraude au président ou la substitution frauduleuse d’IBAN.
Comment fonctionne l’arnaque au faux conseiller bancaire
Le scénario repose généralement sur une urgence fabriquée. Un escroc appelle sa victime et se présente comme un conseiller bancaire ou comme un membre du service antifraude.
Il peut connaître son nom, son adresse, son numéro de compte ou certaines données liées à sa carte. Ces informations peuvent provenir d’un hameçonnage, d’un piratage, d’un logiciel malveillant ou encore d’une fuite de données.
Le fraudeur annonce ensuite une prétendue opération suspecte. Sous prétexte de l’annuler, il demande à la victime de transmettre un code reçu par SMS ou de confirmer une opération dans son application bancaire.
Cette validation sert en réalité à autoriser un achat, l’ajout d’un bénéficiaire ou un virement au profit des escrocs. Certains vont jusqu’à envoyer un faux coursier récupérer la carte bancaire de la victime.
Le numéro affiché sur le téléphone n’est pas non plus une garantie. Cybermalveillance.gouv.fr rappelle que des fraudeurs peuvent usurper un numéro ressemblant à celui d’un établissement bancaire.
Les signes qui permettent de reconnaître un faux conseiller
Un véritable conseiller bancaire ne vous demandera jamais de lui communiquer votre mot de passe, vos codes de confirmation ou le code confidentiel de votre carte.
Il ne doit pas davantage vous demander de valider une opération bancaire pour prétendument « l’annuler ». Une banque n’envoie pas non plus un coursier récupérer une carte bancaire au domicile d’un client.
Face à un appel alarmant, le réflexe le plus sûr consiste donc à raccrocher. Contactez ensuite vous-même votre établissement depuis son application, son site officiel, votre messagerie bancaire ou un numéro que vous utilisez habituellement.
N’appelez pas un numéro transmis dans un SMS vous signalant une transaction suspecte. Cybermalveillance.gouv.fr constate justement une forte diffusion de faux numéros d’opposition destinés à mettre directement les victimes en relation avec les escrocs.
Vous avez versé de l’argent : banque, preuves et signalement
En cas de fraude, contactez immédiatement votre banque. Si votre carte bancaire est concernée, faites opposition sans attendre. Si les escrocs ont pu accéder à votre espace bancaire, changez également votre mot de passe ou demandez sa réinitialisation.
Identifiez toutes les opérations suspectes et demandez à votre banque, selon la situation, leur remboursement, leur suspension ou une tentative de retour des fonds.
Conservez aussi toutes les preuves : SMS, courriels, numéros de téléphone, relevés de compte, ordres de virement et captures d’écran. Elles pourront être utiles à la banque et aux enquêteurs.
Pour une fraude à la carte bancaire, Cybermalveillance.gouv.fr recommande également un signalement sur Perceval. Cette démarche ne remplace pas un dépôt de plainte, qui peut être effectué auprès de la police, de la gendarmerie ou du procureur de la République.
La progression de la fraude par manipulation montre surtout que les escrocs cherchent moins à contourner directement la sécurité des banques qu’à convaincre leurs victimes de franchir elles-mêmes les protections mises en place.






