Arnaque aux mascottes : 43 structures réclament justice

Une commande de mascotte jamais livrée dans un village du Tarn a permis de mettre au jour une affaire bien plus vaste. Au moins 43 associations, entreprises et comités auraient versé près de 80 000 euros au total pour des déguisements sur mesure qu’ils disent n’avoir jamais reçus.

Une mascotte à 1 200 euros jamais arrivée à Lamillarié

L’affaire commence notamment à Lamillarié, petite commune du Tarn. Son comité des fêtes souhaite disposer d’une mascotte représentant un sanglier gaulois, avec casque et lunettes d’aviateur. La structure verse 1 200 euros à un prestataire spécialisé pour fabriquer le costume.

Mais la mascotte n’arrive jamais. Selon La Dépêche du Midi, les échanges avec le prestataire finissent par s’interrompre après le paiement. Franck Flottard, bénévole impliqué dans la vie associative locale, décide alors de rechercher d’éventuels précédents.

Ses démarches font apparaître que le comité tarnais serait loin d’être un cas isolé. D’autres structures situées dans différentes régions de France rapportent des situations comparables. Certaines auraient versé uniquement un acompte. D’autres auraient payé la totalité de leur commande avant la livraison.

Ce qui ressemblait au départ à un litige commercial local prend alors une tout autre dimension.

43 structures pour près de 80 000 euros de préjudice

Le recensement fait état de 43 structures concernées. La liste comprend des associations, mais aussi des entreprises et des comités ayant commandé des mascottes personnalisées. Le préjudice cumulé approcherait 80 000 euros, selon les éléments rapportés par La Dépêche.

La Fédération française du bénévolat et de la vie associative s’est saisie du dossier. Son représentant William Messi évoque lui aussi « plus de 43 victimes » et un préjudice voisin de 80 000 euros. La fédération cherche désormais à regrouper les témoignages et à accompagner les structures concernées dans leurs démarches.

Le cas montre surtout combien une perte de quelques centaines ou milliers d’euros peut fragiliser une petite association. Pour un comité des fêtes, une somme engagée dans une mascotte peut représenter une part importante du budget annuel consacré aux animations locales.

La fédération souligne ainsi qu’un montant de 1 700 euros peut parfois correspondre au budget disponible pour organiser la principale fête annuelle d’un village.

Des associations qui tentent désormais d’agir collectivement

Face à la multiplication des signalements, les victimes ont choisi de ne plus agir séparément. L’objectif consiste à regrouper les dossiers, coordonner les plaintes et éviter que chaque petite structure doive supporter seule les coûts et la complexité d’une procédure.

La Fédération française du bénévolat et de la vie associative indique avoir alerté plusieurs responsables publics. Philippe Bonnecarrère, député de la première circonscription du Tarn, a notamment apporté son soutien au comité de Lamillarié.

Selon La Dépêche, le site Internet utilisé par le prestataire a également été fermé. Le média rapporte que le responsable visé se trouverait en Thaïlande, ce qui complique les recours engagés depuis la France.

Certaines affirmations circulant autour de cette affaire doivent toutefois rester prudentes. À ce stade, les sources disponibles documentent les commandes non honorées, les plaintes des structures et leur regroupement. Elles ne permettent pas de présenter comme définitivement établie par la justice l’ensemble des accusations formulées contre le prestataire.

L’arnaque aux mascottes révèle la vulnérabilité des petites structures

L’affaire pose enfin une question plus large sur les achats effectués par les associations. Contrairement aux grandes entreprises, les petits comités disposent rarement d’un service juridique ou d’équipes chargées de vérifier la solidité financière d’un fournisseur avant un paiement.

Une mascotte sur mesure nécessite par ailleurs souvent un acompte important, voire un règlement complet avant fabrication. Une fois l’argent envoyé, récupérer les fonds devient difficile si le fournisseur disparaît, cesse de répondre ou exerce depuis l’étranger.

Les victimes tentent désormais de transformer leur dispersion initiale en force collective. Leur mobilisation pourrait aussi permettre d’identifier d’autres clients qui n’ont pas encore signalé leur situation.

À Lamillarié, le sanglier commandé ne défilera donc probablement jamais dans les rues du village. Mais cette mascotte absente aura au moins permis de faire émerger une affaire nationale et de réunir des dizaines de structures autour d’un même recours.

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