La FSMA alerte sur une technique de plus en plus utilisée par les plateformes de trading frauduleuses : de faux articles reproduisent l’apparence de médias connus pour pousser les internautes à investir. L’autorité belge appelle les particuliers à « redoubler de vigilance » face à ces contenus qui mêlent usurpation de médias, célébrités et promesses de gains.
De faux médias pour attirer vers des plateformes de trading
Dans sa mise en garde publiée le 10 août 2026, l’Autorité des services et marchés financiers belge décrit des sites qui imitent des médias comme Le Soir, La Libre, HLN ou Euronews. Logos, mise en page et identité visuelle sont reproduits afin de donner l’impression que l’offre d’investissement a fait l’objet d’un véritable article journalistique.
Le contenu n’a pourtant rien d’éditorial. Selon la FSMA, ces pages fonctionnent comme des publicités déguisées. Elles cherchent principalement à convaincre l’internaute de transmettre ses coordonnées dans un formulaire. Une plateforme de trading frauduleuse peut ensuite le contacter et lui proposer un investissement.
Cette méthode s’ajoute aux faux profils sur les réseaux sociaux, aux groupes WhatsApp ou Telegram et aux sollicitations téléphoniques déjà utilisées dans les fraudes à l’investissement. Safeonweb confirme que les victimes sont souvent rappelées rapidement après avoir communiqué leurs informations personnelles.
Célébrités et faux « clashs » renforcent l’illusion
Pour rendre leurs articles plus crédibles, les fraudeurs utilisent également l’identité de personnalités connues sans leur autorisation. Ils leur attribuent de prétendues déclarations ou affirment qu’elles auraient elles-mêmes investi sur la plateforme présentée.
Certains scénarios vont plus loin. La FSMA a observé de faux articles relatant un prétendu incident pendant une émission télévisée ou une interview. Un responsable politique, un dirigeant ou une personnalité médiatique aurait, selon le récit fabriqué, révélé au cours d’un « clash » une méthode permettant de s’enrichir grâce au trading. Des photos manipulées ou de faux extraits d’émission peuvent accompagner l’histoire.
La technique rejoint celle des deepfakes déjà signalée par les autorités belges. Safeonweb a notamment averti que l’intelligence artificielle peut servir à fabriquer des images ou vidéos dans lesquelles des personnalités semblent recommander des investissements qu’elles n’ont jamais soutenus.
La FSMA identifie BitKeltTrade et plusieurs sites relais
Dans son avertissement, la FSMA cite directement BitKeltTrade comme plateforme frauduleuse. Le régulateur a également identifié six faux sites d’information utilisés pour rediriger les consommateurs vers cette plateforme. Ces domaines apparaissent désormais dans la base recensant les entreprises irrégulièrement actives en Belgique.
Les faux articles peuvent aussi prétendre que la plateforme dispose d’une autorisation de la FSMA ou de la Banque nationale de Belgique. Cette affirmation doit être vérifiée directement dans les registres officiels. L’apparition d’un logo institutionnel sur un site ou dans une publicité ne prouve aucune autorisation.
L’alerte intervient dans un contexte plus large de multiplication des plateformes suspectes. Fin juin, la FSMA avait déjà ajouté 25 nouvelles plateformes frauduleuses à sa liste et rappelé que ces structures attirent leurs victimes avec des promesses de profits rapides avant de les pousser à investir davantage.
Comment repérer une offre d’investissement frauduleuse
L’apparence professionnelle d’un site ne constitue pas un gage de fiabilité. Le SPF Économie souligne que les plateformes frauduleuses peuvent présenter des interfaces particulièrement soignées et proposer actions, devises, crypto-actifs, métaux précieux ou autres placements afin de suivre les tendances susceptibles d’intéresser le public.
Avant tout versement, la FSMA recommande donc de vérifier l’identité du prestataire et son autorisation à fournir les services proposés. Il faut également se méfier des promesses de rendements exceptionnellement élevés, des sollicitations non demandées et des pressions pour transférer rapidement de l’argent.
Le faux article de presse ajoute ainsi une couche supplémentaire à une fraude déjà sophistiquée : il exploite la confiance accordée aux médias et aux personnalités publiques avant même que la victime n’entre en contact avec la plateforme. Pour la FSMA, ni un nom connu, ni un logo de média, ni une prétendue célébrité investisseuse ne peuvent remplacer la vérification du prestataire auprès d’une source officielle.





