Gnosis Pay piraté : vos cartes et portefeuilles crypto exposés

Gnosis Pay a confirmé, le 6 novembre 2026, une fuite de données touchant les utilisateurs de ses cartes de paiement en cryptomonnaies. Des numéros de carte bancaire, des adresses personnelles et des portefeuilles crypto ont été exposés. L’entreprise assure qu’aucun fonds n’a été volé, mais la combinaison de ces informations pourrait faciliter des escroqueries particulièrement ciblées.

Quelles données personnelles ont été volées chez Gnosis Pay ?

L’incident a été détecté le 3 novembre 2026, lorsqu’un accès non autorisé a été identifié dans le système utilisé pour gérer les cartes Gnosis Pay destinées aux particuliers.

Selon le communiqué officiel de Gnosis Pay, les équipes de sécurité ont commencé à contenir l’intrusion dans les deux heures suivant sa détection. Les identifiants compromis ont ensuite été remplacés et la vulnérabilité corrigée.

L’entreprise n’a pas publié de liste exhaustive des données exposées. En revanche, les notifications reçues par certains clients révèlent l’ampleur potentielle de la fuite.

Les informations compromises comprennent, selon les dossiers individuels :

  • Les noms et adresses personnelles des utilisateurs.
  • Les adresses électroniques et numéros de téléphone.
  • Les numéros complets de cartes bancaires, leurs dates d’expiration et leurs codes de sécurité CVV.
  • Les adresses des portefeuilles crypto associés aux comptes.
  • Certaines coordonnées bancaires, notamment les IBAN et codes BIC.

Lefteris Karapetsas, fondateur de l’outil de suivi de portefeuilles Rotki, a publiquement dénoncé la situation. Selon la notification qu’il affirme avoir reçue, les informations exposées associaient son identité, son domicile, son numéro de carte et toutes les adresses de portefeuilles liées à son compte.

Cette déclaration a été rapportée le 7 novembre par CoinDesk.

Le nombre exact de clients concernés reste inconnu. Gnosis Pay affirme avoir informé individuellement les personnes touchées, en précisant les données compromises dans chaque situation.

Pourquoi cette fuite peut faciliter le vol de cryptomonnaies

Le danger ne se limite pas à une éventuelle utilisation frauduleuse des cartes bancaires.

La particularité de cette fuite réside dans le rapprochement entre l’identité réelle d’une personne et ses portefeuilles de cryptomonnaies.

Sur une blockchain publique, les transactions et certains soldes sont consultables à partir d’une adresse de portefeuille. Lorsque cette adresse est associée à un nom et à un domicile, un fraudeur peut potentiellement identifier le détenteur de certains actifs.

Cette combinaison permet d’envisager plusieurs formes d’escroqueries :

  • Un faux conseiller Gnosis Pay contacte un client en citant ses véritables informations bancaires.
  • Un message frauduleux réclame une vérification urgente de son portefeuille.
  • Un faux service de sécurité demande le transfert des cryptomonnaies vers une adresse prétendument protégée.
  • Un courrier personnalisé invite à scanner un QR code pour corriger un problème de compte.

Ces scénarios représentent des risques possibles, et non des fraudes déjà attribuées à cette fuite.

Le problème rappelle l’exposition des adresses de clients Trezor, qui avait soulevé des inquiétudes similaires concernant l’identification physique des détenteurs de cryptomonnaies.

Les escrocs peuvent également exploiter des documents apparemment officiels. Une récente campagne de faux courriers fiscaux ciblant les cryptomonnaies illustre ce danger.

Contrairement à un numéro de carte bancaire, une adresse personnelle ne peut pas simplement être remplacée après une fuite.

Gnosis Pay garantit les fonds, mais reconnaît un risque persistant

Gnosis Pay assure que les actifs de ses clients n’ont pas été affectés par l’intrusion.

L’incident concerne son ancien système de cartes destiné aux particuliers. Sa plateforme professionnelle, utilisée pour fournir des services de cartes à d’autres entreprises, n’aurait pas été compromise.

Pour limiter les risques, la société a renforcé la surveillance des transactions et rendu obligatoire 3D Secure, un mécanisme de vérification supplémentaire lors des paiements en ligne.

Ces mesures resteront en vigueur jusqu’au 20 décembre 2026, date prévue pour l’arrêt de l’ancien système.

L’entreprise indique également avoir signalé l’incident à ses partenaires, à l’émetteur des cartes et aux autorités compétentes en matière de protection des données.

Cette fuite intervient quelques mois après une autre attaque touchant l’écosystème Gnosis Pay. Le 1er juin 2026, une vulnérabilité logicielle avait permis de détourner environ 1,5 million de dollars.

Dans son rapport d’incident publié en juillet, Gnosis avait expliqué avoir absorbé les pertes et rétabli les fonds des utilisateurs.

Les deux incidents concernent cependant des failles différentes. Aucun élément publié ne permet de les attribuer à une même origine.

Que faire si vous possédez une carte Gnosis Pay ?

Les utilisateurs doivent d’abord vérifier s’ils ont reçu une notification officielle précisant les informations exposées. Une absence de message ne doit toutefois pas conduire à ignorer toute activité inhabituelle.

Plusieurs précautions sont recommandées :

  • Consulter directement l’application officielle Gnosis Pay, sans utiliser les liens reçus dans des messages inattendus.
  • Demander le remplacement de toute carte dont les données complètes ont été compromises, si cela n’a pas déjà été effectué.
  • Surveiller les transactions bancaires et les mouvements des portefeuilles concernés.
  • Ne jamais communiquer sa phrase de récupération, ses clés privées ou son code PIN.
  • Refuser toute demande de transfert présentée comme une opération urgente de sécurisation.

En cas de transaction frauduleuse, il faut contacter immédiatement l’émetteur de la carte ou l’établissement financier concerné et conserver les preuves.

Gnosis Pay invite les utilisateurs à signaler leurs inquiétudes à son assistance officielle, à l’adresse help@gnosispay.com.

La faille technique a été corrigée, selon l’entreprise. Mais les informations personnelles déjà exposées ne peuvent pas être considérées comme récupérées. Leur éventuelle réutilisation par des fraudeurs constitue désormais le principal risque à surveiller.

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